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Si vous avez passé la journée sur pause

Manifestations : la justice administrative casse l'arrêté préfectoral interdisant le cortège étudiant d'Interfac à Paris, la préfecture de police prend dans la foulée un nouvel arrêté pour que la manifestation reste "statique"

24 octobre : le ministère de l'Intérieur prévoit "un niveau de mobilisation (des forces de l'ordre) de 20% supérieur à ce qu'il était la semaine dernière" 

Eat that Donald : le Parlement européen décerne le prix Sakharov (= défense des droits humains et libertés fondamentales) à la Cour Pénale Internationale (l'instance est actuellement sous le coup de sanctions de la part des US)

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Quelle leçon !

L’Insee publie aujourd’hui son indicateur du climat des affaires et, Ô surprise, en octobre malgré la cata généralisée, le moral des patrons s’est amélioré. Certes, c’est modeste, mais à 97 points (+1 vs septembre) on se rapproche de la moyenne de long terme (100). Et ça n’est pas tout : l'Insee pointe également qu’en septembre, plus de 40 000 entreprises "classiques" (= hors micro-entreprises) ont été créées. Un record. Quelle belle leçon d’optimisme !

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Défaillances

Alors que ce matin sur Inter le philosophe Pierre-Henri Tavoillot décrit un "embryon de guerre civile" avec deux France qui s’affrontent (une qui pense que la République les attaque, une autre qui estime que la République est attaquée), l’Etat réagit… par la défaillance.

Le ministère de l’Intérieur publie un guide de "recommandations officielles aux commerçants" contre les pillages. Ce qu’on y trouve : "limitez l’attractivité de votre vitrine" ou "anticipez la fermeture de votre commerce". Et à Paris, la préfecture préconise également d’avoir "recours à des agents privés accompagnés le cas échéant d'équipes cynophiles". En clair : l’Etat acte son incapacité à assurer la première de ses missions, et celle qui justifie son existence (Hobbes) : l’ordre public.

Impuissant, l’Etat l’est également (et par voie de conséquence) à assurer l’exercice de la liberté constitutionnelle de manifester. A Paris, le cortège étudiant prévu aujourd’hui avait été empêché (voir plus haut), à Lyon et Marseille, les préfets annoncent l'interdiction de "toutes les manifestations" samedi 24 octobre et au sortir du conseil de sécurité organisé ce matin, Macron prévient que l’Etat autorisera les cortèges "au cas par cas" et que...

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Pardon ?

C’est donc la nouvelle "doctrine" de maintien de l'ordre présentée par Macron pour "les prochains jours" : seules les manifestations dont les demandes ont été déposées par des "organisations syndicales" seront autorisées là où toutes celles "faites par des gens qui n’ont aucune légitimité pour cela" (sic) seront systématiquement "interdites par les préfets". On récapitule : le Président de la République, garant du respect de la Constitution, prévient que

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Lire au lit

"- Gardez-vous encore avec plus de précaution de ce morceau de chair des jeunes garçons de votre âge qui faisait votre amusement dans ce grenier. C’est le serpent, ma fille, qui tenta Ève, notre mère commune. Que vos regards et vos attouchements ne soient jamais souillés par cette vilaine bête, elle vous piquerait et vous dévorerait infailliblement tôt ou tard.

- Quoi ! Serait-il bien possible, mon Père, repris-je tout émue, que ce soit là un serpent, et qu’il soit aussi dangereux que vous le dites ? Hélas ! Il m’a paru si doux ! Il n’a mordu aucune de mes compagnes, je vous assure qu’il n’avait qu’une très petite bouche et point de dents, je l’ai bien vu..."

Jean-Baptiste de Boyer Argens – Thérèse philosophe (1748)

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